Luca Leone
Luca Leone
Petite Biographie
"C'est un ovni, une comète, une...licorne!" (Le Temps)
Né à Genève au début des années 2000, Luca Leone est un jeune artiste romand aux multiples facettes. A la fois auteur-compositeur-interprète, il est aussi metteur en scène et comédien.
Luca Leone commence le théâtre à l’âge de sept ans, en intégrant l’école 100% Acrylique. Il y reste dix ans, dont huit en tant qu’amateur et deux comme semi-professionnel. Parallèlement, il se lance, à un âge précoce, dans la mise en scène, livrant en 2017 sa relecture de Hamlet. Passionné par le mélange des arts, le jeune artiste genevois alterne entre créations théâtrales et projets musicaux. Son premier projet musical, Odeur de Citronnelle paraît en 2019 et donne lieu, l'été suivant, à une tournée des concerts. En 2022, il fonde la Compagnie Leone. La même année, la tournée Rose le révèle au public ainsi qu’à la critique.
Dès lors, accompagné par une fidèle équipe de création, il enchaîne les spectacles : Moustache (2023), Paradiso (2024) et ROMA (2025-2026).
Passionné par les multiples langages de l’art, il s’inscrit en 2022 à l’Université de Lausanne en Histoire et Esthétique du cinéma et Français Moderne, dans une logique de « chercher ailleurs » pour nourrir son art de prédilection. Dès lors, il concilie ses recherches académiques et ses pratiques théâtrales ; comme dans Paradiso, où il entremêle vie intérieure et pensée cinématographique.
En dehors de ses créations, Luca Leone enseigne le théâtre, depuis 2024, dans les ateliers créatifs de la compagnie 100% Acrylique.
Imaginaires
Malgré l'aspect éclectique de ses productions, on remarque dans chacune de ses oeuvres un intérêt spécifique pour les choses de l'imaginaire. En effet, Luca Leone semble être perpétuellement poussé par l'envie de ré-explorer les cultures du vu et du re-vu, voire du kitsch, en un mot : l'imaginaire collectif.
Pour le spectacle Rose (2022-2023), il s'emploie à faire ressortir toutes les images associées, dans l'imaginaire collectif, à la couleur. En entrant un soir dans un des théâtres, on découvrait, entre autres, des petits oiseaux permettant au/à la protagoniste de changer de costumes, une télévision en bois avec des images fleuries, une heure du thé récurrente, des meubles enchantés, une bibliothèque rose, une licorne dansant sous un ami arc-en-ciel, des épaulettes de fleurs artificielles, une grande cape en satin et velours, des roses et des épines... Toutes les images du rose mises en scène, sorties des imaginaires, convoquées sur les planches d'un théâtre.
Mettre en scène les imaginaires est donc un des traits caractéristiques de son travail. De Hamlet à Roma, les approches divergent, mais l'idée de fond est la même : s'immerger dans le mythe et l'imaginaire d'une histoire, d'un lieu, d'un motif, d'une couleur, d'une période éloignée, de personnes absentes.
Ainsi, il raconte dans le spectacle autobiographique Paradiso l'histoire de son imaginaire, des anecdotes remises en scène par la mémoire, des images obsédantes. Il raconte comment l'imaginaire lui joue parfois des tours, comment les Disney ont quelque peu faussé la mesure des choses : "J'ai grandi en regardant des Disney ; des histoires qui se sauvaient par l'amour, l'amour comme un point final".
L'humour fait partie intégrante de son processus : en retravaillant les images, il les donne à voir dans leur douce absurdité, toujours avec un regard tendre et respectueux, mais qui se prête volontiers à la dérision. Par l'humour, il trouve un moyen de réfléchir à notre rapport aux images, aux histoires, et aux choses étranges qui nous constituent. Le spectacle Moustache emblématise cette volonté de rire de nos imaginaires, en donnant à voir un Paris de carte postale obsédé par le désir de se faire pousser la moustache (une moustache qui finit même par pousser sur les baguettes de pain, au moment où l'affaire tourne à la catastrophe).
Récemment, avec le spectacle Roma, il se penche sur la dimension nostalgique des imaginaires, en se plongeant dans l'univers d'une ville littéralement hantée par sa mémoire et les images qui l'accompagnent. Ainsi, il déambule avec ses musiciens, ses textes et ses mélodies, dans les fumées bleues du Cine-città, entre les statues à moitié immergées et les colonnes "fantômes" parsemées dans la ville.
On a écrit, et à tort, que Luca Leone était un garçon d'un autre temps ; un personnage des années soixante/septante. Sa démarche n'est pourtant pas passéiste, au contraire : l'idée est de se plonger dans des fantasmes, des souvenirs, des choses — au risque de se répéter — imaginaires. Son travail ne constitue pas un "retour en arrière", ni un discours réactionnaire qui chercherait à dire que "c'était mieux avant". Le passé est simplement pour une manière efficace de convoquer les imaginaires collectifs.
Raconter des histoires
"En fait, ce que je fais, c'est raconter des histoires".
S'il tient autant à l'aspect pluridisciplinaire de son travail, c'est parce qu'il se considère avant toute chose comme un "raconteur d'histoires". Le type de mise en oeuvre du récit dépend des besoins de l'histoire. Parfois c'est au théâtre que cela se raconte le mieux, parfois c'est en musique. Parfois aussi, les choses méritent d'être dites sans paroles ; c'est ce qui le mène à expérimenter depuis plusieurs années des techniques "muettes" comme le théâtre d'ombre, le théâtre d'objets ou la danse.
Travail en équipe
La compagnie, fondée en 2022 autour des créations du jeune artiste, rassemble des artistes d'horizons divers.
Il y a Mael Brauchli, bassiste, ingénieur-son et sound designer, présent sur chaque projet de la compagnie depuis la tournée estivale "Envie d'été" de 2020. C'est lui qui prend en charge les régies des spectacles, quand il n'est pas lui même sur scène (comme dans le spectacle Rose et la tournée Roma). Présent à chaque étape du processus, il collabore étroitement avec la mise en scène.
Il y a Audrey Genoud, graphiste et illustratrice diplômée d’un Bachelor en Art et Design à la HEAD. Elle collabore avec la compagnie depuis le spectacle Paradiso avec Luca Leone. Elle crée les affiches des spectacles et travaille sur l’identité visuelle / l’esthétique générale des projets, dessinant des éléments de scénographie et des animations en mapping. Actuellement en Master de typographie à Bangkok, elle continue à travailler par correspondance pour la compagnie.
Il y a Carole Souillier, costumière des deux spectacles musicaux (Rose et Roma), travaillant elle aussi en étroite collaboration avec la mise en scène. Avec elle et Audrey Genoud se décident les couleurs des spectacles — éléments centraux des créations de la compagnie. Dans le spectacle Rose, elle joue avec les nuances de la couleur, mais également avec des fleurs artificielles, des effets de surprise et de dévoilement. Carole Souillier réfléchit beaucoup en termes de lumières, s'interrogeant sur les effets de plis, d'ombres, de brillance des tissus sous les projecteurs.
Il y a Cambyse Tabatabay, photographe qui collabore avec la compagnie depuis Paradiso (Photo 1 & 3). Son image rappelle les prises de vues du New Hollywood, avec son grain et ses cadrages spectaculaires. Cambyse est également intervenu en tant que directeur de la photographie sur le clip de "Memoria Submersa" ainsi que pour le teaser de Roma.
Il y a également tous les comédiens et comédiennes, musiciens, intervenant.e.s, esprits littéraires, esprits visuels, qui interviennent sur les créations. Toutes ses personnes qui donnent aux spectacles un peu d'elles-mêmes, permettant à la création de s'approfondir. Et puis chaque spectacle se construit sur les base des équipes présentes, chaque spectacle raconte, certes, les projections intérieures du metteur en scène "auteuriste", mais raconte surtout la rencontre de diverses personnalités, de diverses cultures, de diverses conceptions des choses.
Les équipes sont un mélange de professionnels confirmés et d'artistes émergents. Quelque fois, aussi, comme pour le spectacle Paradiso, l'équipe est constituée de personnes ne travaillant pas dans le théâtre. L'idée est de mettre en scène des voix, des corps et des histoires différentes.